Dans le cadre des RENCONTRES DE L'HUMOUR de CARROS, la municipalité m'invite à intervenir 22 septembre 2017 avec THIERRY GARCIA pour une rencontre avec le public sur le thème : PEUT-ON RIRE DE SON IDENTITÉ ? Par ailleurs, je serai présent au salon du livre de MOUANS-SARTOUX les 6, 7 et 8 octobre prochain pour dédicacer mes livres, et en particulier le dernier paru "ÊTRE SOI"



Parlons du changement

J’adore parler du changement. J’en parle dans tous mes livres. J’adore parler du changement, dis-je, parce dans le mot changement, j’entends : transformation, évolution, mûrissement, grandissement, bref tous ces mots qui indiquent qu’une personne est vivante, qu’elle vit dans un monde bien vivant lui aussi. J’aime le changement car j’aime le nouveau. Le nouveau, c’est ce qui n’est pas encore là, mais qui pourrait -ou qui pourra- bientôt arriver. Le nouveau, c’est comme un voyage, comme une aventure. Le nouveau, c’est la vie

Changer ou ne pas changer telle n’est pas la question

A la base de toute nécessité de changement, il y a une “crise”. Ce mot vient du grec “krisis”. Attention : Krisis, ce n’est pas la galère, la catastrophe. Krisis signifie : en examen. Et, par extension, ce sera le jugement, le choix, la décision. On est en crise, donc tant mieux, il va falloir s’arrêter pour réfléchir et faire le point. On est en crise ? Tant mieux, c’est que quelque chose doit changer, qui va nous conduire à adopter une autre attitude ou un autre regard sur les choses ou sur la vie.

Les deux besoins fondamentaux

Pour ma part, j’en distingue deux : un chez la femme, un chez l’homme. Bon, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je ne suis pas en train de prétendre que les besoins humains se réduiraient à ces deux seules questions. Je dis juste que si l’homme et la femme vivant en couple conjugal comme le disait si élégamment Marguerite Yourcenar, pouvaient reconnaître ce besoin respectif, un grand pas serait fait dans leur compréhension réciproque et dans leur respect mutuel, seuls ferments véritables de l’amour.

Pour définir la crise, je n’ai jamais trouvé de meilleure définition que celle d’Antonio Gramsci : “La crise, c’est quand le vieux ne veut pas mourir et que le neuf ne peut pas naître”. Là est le noeud gordien du changement. Si celui-ci nous paraît si difficile, c’est parce que nous essayons toujours de remettre au plus tard possible le moment où il nous faudra effectivement faire mourir l’ancien pour que le nouveau puisse naître, pensant naïvement que tant que nous n’agirons pas, rien ne se passera. Or, ne rien faire a un nom, c’est s’abstenir. C’est donc une action, et elle a des conséquences.

Le changement, c’est troquer hier pour demain

Par conséquent, le vrai problème n’est pas de savoir si je peux m’abstenir de changer mais de savoir que, que je m’abstienne ou non de changer, les deux auront des conséquences. Si j’opte pour changer de mon plein gré, je pourrai choisir mon moment, mes modalités et surtout, développer mes efforts de changement au rythme qui me convient de façon à en garder la maîtrise. À l’opposé, si j’attends que la vie m’y contraigne, cela se fera généralement dans les pires circonstances et dans un moment où je n’aurai pas le choix des modalités. Mon obligation de changement se fera dans une telle urgence qu’il y a fort à parier que je le vivrai très mal et qu’il me déstabilisera, chose que, précisément je voulais éviter en reculant le moment de changer. C’est ainsi que nombre d’entre nous se cantonnent dans des positions masochistes et frileuses, perpétuant au quotidien des mondes de frustrations et de perspectives gâchées juste parce qu’ils n’ont pas vu -ou pas su voir- les perspectives que pouvait contenir la crise qu’ils traversaient.

Le changement est une épreuve, mais ce n’est pas une plaie.

Plus nous inscrirons notre vie dans une perspective d’évolution, moins nous aurons à le redouter. Et de même, plus nous irons de notre plein gré vers lui, l’accueillant comme une vitale nécessité, moins nous nous sentirons frappé par ce que nous croyons être le destin.
Lorsque nous nous angoissons à l’idée de changer quelque chose dans notre vie, nous devrions nous arrêter un moment sur cette angoisse et nous demander si c’est réellement le changement que nous redoutons, ou si ce ne serait pas plutôt la perte de quelques “fantômes” du passé ou de quelques privilèges que la vie nous a consentis plus longtemps qu’elle ne l’aurait dû. En analysant avec un autre oeil ces situations, peut-être nous apercevrons-nous que ce que nous considérions comme des “avantages acquis” n’en étaient plus depuis longtemps, mais étaient devenus de bien mauvais compagnons de vie entravant la route d’un épanouissement bien plus prometteur. Alors, cette crise existentielle qu’est le changement deviendra pour nous une porte qui pourra s’ouvrir vers un autre avenir.
Copyright © Francis mise à jour du 01 Juin 2017